Appel à projet MSH Paris Nord 2012

AXE n°4 : PENSER LA VILLE CONTEMPORAINE
Thème n° 1 : « Mémoire et territoires : actions, représentations, narrations »

Enquête sur le paradigme archéologique, comme lisibilité des formes du processus mémoriel et méthodologie de l’indice dans l’espace urbain, passé et contemporain (XXe siècle)

Etude de cas
« Dora Bruder (1926-1942), fille d’immigrants juifs d’Europe centrale à Paris »

Guylaine Dartevelle porteur du groupe Diaclase    

A – LES OBJECTIFS GENERAUX DU PROJET

LE PROJET/ SUJET / OBJET

Narration,lisibilité et furtivité des traces

Depuis les villes et paysages de la « Mitteleuropa » jusqu’à Paris et sa banlieue, 70 ans auront été nécessaires pour revenir sur les traces de ce passé au visible enfoui et/ou détruit. Ce retour sur les traces se réalise dans le contexte d’une rupture historiographique provoquée par le thème de la Shoah, dans la conception post moderne qui ramenait la réalité historique au récit qu’on en fait. Les travaux de Saul Friedländer1 et de Carlo Ginzburg ont ainsi recadré le débat, par delà le récit/corpus de matériaux qui font (et sont) signes vers une réalité évanouie ou en ruine, voire disparue complètement.

« Traces », « paradigme indiciaire2 », « micro histoire3 », mais aussi « débris du temps » et « reliquat » servent de socle à une réflexion archéologique renouvelée par les travaux de Laurent Olivier4. Celui-ci renonce à restituer le passé « tel qu’il a été » en s’ouvrant à un autre type de temporalité. Elle se dessine en cernant la fuite du réel, l’errance faite d’ombres et de mémoires disparues, qui nous interroge sur la perte, la discontinuité, la lisibilité des empreintes au cœur de la ville (Paris, Berlin, Vienne, Budapest, Bucarest…) et l’effacement des traces.

« PARIS
On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1m55, visage ovale, yeux gris- marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M. et Mme Bruder, 41 boulevard Ornano, Paris. »5

A la lecture de Dora Bruder de Patrick Modiano, cette atmosphère de la ville, Paris, Berlin, ou une autre, nous plaque sur le corps des espaces perdus qui hante l’écrivain, nous emmène et nous égare dans les rues, villa, quartiers, places, boulevards6 et jusque dans ses pérégrinations archéologiques lorsque l’écrivain enquête sur les traces de Dora Bruder. Ainsi la mémoire de la topographie parisienne réside au cœur de l’Occupation. Contrairement à cette impression vécue par les protagonistes de cette époque, « l’instabilité, l’ambiguïté de la narration de Modiano reflètent celles de l’Occupation période trouble où les gens disparaissent et où leurs traces s’effacent »7, on peut parler de migrance, d’archéologie au sens foucaldien, dans la mesure où « bien plus que l’histoire des idées, l’archéologie parle de coupures, de béances, de formes entièrement nouvelles de positivité »8, quand il s’agit de séquences amputées qui n’ont pas encore eu le temps de devenir des « lieux de mémoire ».

Qui pourrait en effet suggérer que le 41 boulevard Ornano serait un lieu de mémoire9, voire encore moins un lieu qui abriterait des vestiges matériels au sens où l’archéologie le suggère ?

Ces traces ne s’effaçaient pas pour tout le monde, les « sentinelles de l’oubli »10 qui étaient chargées de « garder » et « d’interdire » veillaient. Sous l’aspect de la recherche beaucoup reste à faire pour tenter de restituer autrement que symboliquement les ilôts urbains, les quartiers, les logements. A cet égard, depuis les approches de Maurice Halbwachs sur la « morphologie socio-spatiale » jusqu’aux enquêtes de sémiologie urbaine initiées par Françoise Choay, et l’analyse herméneutique et phénoménologique de l’espace, l’interprétation de la ville, aussi comme système de signes, s’est considérablement renouvelée grâce à ces nouvelles échelles d’observation, outils et catégories analytiques11. Ici, les lieux de la ville sont pensés et composés d’empreintes, inscrites dans la pierre, et grâce à elles « la ville d’hier (m’) apparaît en reflets furtifs derrière celle d’aujourd’hui»12. Composant « ce noyau fugitif où « l’auteur et l’œuvre échangent leur identité »13.

Ainsi, P. Modiano qui se fait lui-même « archéologue » (au cours des différents temps du récit : le sien et celui de la famille Bruder et de Dora qui s’entrecroisent et se superposent grâce à l’errance de l’auteur14) et acteur de l’histoire qu’il écrit – à la mesure de ses émotions et du « speech act »- d’une ville à la matérialité qui se dérobe au fur et à mesure qu’elle se révèle, tout comme le destin de son héroïne, dont la présence s’évanouit au fur et à mesure où nous croyons la saisir furtivement. Ce théâtre incertain d’ombres est pourtant le fait d’une quête précise, laborieuse, minutieuse et dont les lignes maîtresses (et traîtresses) se resserrent, telles un étau symbolique, autour de la personnalité de l’héroïne, Dora Bruder, dont l’identité et le visage, tels un rivage aperçu depuis une embarcation, s’approcheraient et s’éloigneraient tout à la fois15 tout en nous définissant les lieux de circulation urbaine, les migrations, les déracinements .

B – La problématique

Forme(s) et reconnaissance des processus archéologiques

La « déambulation archéologique » (G. Didi Huberman), qui appartient à une reconnaissance du passé dans le présent16, ce « tempo » de Patrick Modiano pour essayer de retrouver la trace de Dora, nous guident dans ce processus de la traque, où les lieux se resserrent, les mémoires divaguent. Les rues sont devenues une espèce de labyrinthe symbolique et piranésiens où seuls résonnent les pas feutrés de l’écrivain dans ces espaces/lieux pour prolonger le souffle et l’esprit de l’héroïne, la vision de l’écrivain, le cœur battant.

Le square Clignancourt ressemblait à un village, où passaient les forains. La barrière de l’octroi à côté de la Porte de Clignancourt, et près du marché aux Puces le quartier de baraques et de maisons basses : « Je me souviens que pour la première fois, j’avais ressenti le vide que l’on éprouve devant ce qui a été détruit, rasé net »17. En réalité l’insertion de P. Modiano dans l’espace urbain habité est commandé par une sorte d’urgence du présent/passé, celui de la marche et de la fuite de Dora Bruder et par une forme de nostalgie des espaces anciens, « comme un attachement inconscient à des structures plus profondes, « archéologiques » (F. Choay), au sens entendu par M. Foucault. Par delà la synchronie des fonctions, cette organisation spatiale « archéologique », dont la « signifiance affective » ne fait aucun doute, constitue un des ressorts puissants de cette quête, voire de cette fascination de la reconnaissance des processus archéologiques. Comme le rappelle Marc Augé « notre mémoire, notre identité sont en cause quand la forme de la ville change ».

Dans le cas de Berlin, par exemple, il est possible de mesurer « la force du passé et celle de l’oubli », en raison même des destructions en 1945. La capitale de l’Allemagne réunifiée en 1989 est devenue aujourd’hui tout autant une « veille expérimentale », un « laboratoire » et un « musée »18. D’autant que comme le souligne Régine Robin, pour le cas de l’ex RDA, l’effacement des traces (noms de rues, statues, monuments, etc.) s’est réalisé selon trois modalités : l’effacement par disparition et destruction, l’effacement par détournement et réécriture de l’histoire et l’oblitération par muséification19. Les processus archéologiques perçus dans la ville de Berlin, ville « palimpseste » sont associés à plusieurs formes de mémoire à l’œuvre depuis 1945. Par delà le devoir de mémoire de l’extermination des juifs par l’Allemagne nazie, ses récits officiels, ses musées, expositions et monuments, il existe une « démémoire » qui efface inexorablement les traces du passé et une « mémoire interstitielle » qui tend à réactiver le souvenir, au quotidien, non pas en commémorant mais en remémorant.

Bien que préservée, Paris n’en a pas moins perdu elle aussi une partie de son identité et de sa mémoire populaire, en raison même des destructions/ transformations urbaines qui la défont et remodèlent le tissu urbain tant dans les arrondissements du centre que de la périphérie de la capitale depuis la fin des années 1950. Elles se poursuivent au cœur même de la cité jusqu’aux années 1970, de telle sorte que le Paris des années 1930, celui de Dora Bruder, celui qu’a connu Walter Benjamin fuyant Berlin et le nazisme, est dans bien des cas aujourd’hui à jamais méconnaissable avec ses quartiers perdus, démolis, effacés. Hannah Arendt rappelle que « quand en 1913, tout jeune, il (W. Benjamin) vient pour la première fois en France, (…) il se sent presque davantage « chez lui » dans les rues de Paris que dans les rues familières de Berlin. Peut-être a-t-il déjà éprouvé à ce moment le sentiment qui fut assurément le sien vingt ans plus tard : à quel point le voyage de Berlin à Paris équivalait à un voyage dans le temps – non à un voyage d’un pays à un autre mais à un voyage du XXe au XIXe siècle20 ». Ces ombres disparues qui ont flâné, marché et fui ont mesuré combien « ces rues et quartiers sont des lieux de passage, on y est en transit. Ces rues sont parfois plus que de simples zones neutres, de véritables trous noirs dans Paris21 ».

Comme lorsque l’auteur ne nous économise aucune énumération chiffrée tout en nous donnant l’impression que ses informations relèvent d’une sorte de journal intime22 composé d’un maillage d’informations transversales ; ainsi l’auteur nous précise qu’en mai 1958 les gardes mobiles sont présents à chaque carrefour en raison des événements d’Algérie23, tandis que les énumérations comme des constellations de directions24 qui troublent nos repères : celle des lieux, des dates de naissances, des matricules, des rues, des étages d’immeubles, des dates de décès, de mariage, des rafles, des couvre-feu, des n° de convoi, maigres consolations devant cet inaccessible réel qui s’étouffe. « J’ai besoin de trouver des indices, les plus lointains dans le temps ».

Tandis qu’en 2004 l’auteur avouait «et je me demande aujourd’hui si j’en sais plus sur elle »25 …déjà « d’hier à aujourd’hui. Avec le recul des années les perspectives se brouillent pour moi, les hivers se mêlent l’un à l’autre. Celui de 1964 et celui de 1942 »26.

C – L’originalité et l’importance de la problématique et de la recherche envisagée dans le champ scientifique

Archéologie de l’indice : « rupture des lieux », « palimpseste de l’archive » et « sédiments iconiques »

Par delà les travaux généraux sur l’œuvre de P. Modiano et notamment son « écriture romanesque », nous nous intéresserons plus spécifiquement aux recherches universitaires réalisées sur l’enquête autour de Dora Bruder27 sur les rapports à l’histoire, à la mémoire et à l’oubli28.
Elles portent sur plusieurs aspects :

Le récit d’enquête comme interrogation sur l’histoire29 et la « post-mémoire » :

Il est fondé sur une représentation subjective, de l’histoire, une réécriture du passé30 « en référence à un « régime d’historicité31 » bien spécifique et à une mémoire de l’Occupation revisitée32. Les événements, sont eux-mêmes filtrés par la conscience subjective des témoins et par la question de la perte, de l’oubli et de l’amnésie33. L’enquêteur narrateur dont la vie se mêle au vécu des acteurs du récit34, recherche alors les traces et les indices de ceux-ci, seuls capables de mesurer la « persistance de l’histoire dans le présent ». Le récit d’enquête, d’une expérience vécue « qui gomme la distance entre le réel et la fiction35 » porte alors témoignage afin de combler l’oubli anonyme, remémorer et dire la fuite, la disparition et l’extermination36.

Lieux et « strates mémorielles » dans l’espace urbain37

Le concept de « lieu », bien connu des géographes comme « entrée heuristique de l’analyse de l’espace », révélant le fonctionnement des territoires, mais aussi familier des anthropologues et des psychologues : « lieux matrices » indispensables à la « construction de soi » et à la définition du « rapport à l’autre », redevient depuis quelques années un objet d’études et d’enquêtes. Les années 1970-1980 ont décrypté le « sens du lieu38 » (Michel de Certeau) et sa mémoire39 (Pierre Nora), porteur de signes, d’un monde enf(o)ui, disparu et perdu. Le « lieu » qui fait lien est associé à ce qui n’est plus. Dans les années 1990-2000, l’échelle d’observation se déplace vers le lieu comme réponse à la construction des identités face au changement et aux mutations sociétales de la post-modernité. La notion évolue devient multiforme : des « hauts lieux40 » patrimoniaux aux « non lieux41 » (Marc Augé), la notion est repensée et théorisée à l’aune des SHS, (sociologues, ethnologues, géographes notamment) afin de tenter de mieux en circonscrire ses limites (territoire, espace, paysage…).

Dans le cas présent, on s’intéressera plus particulièrement aux signes et traces, notamment celles relevées (ou évoquées) par Patrick Modiano dans son ouvrage sur Dora Bruder, dans deux villes palimpsestes (Paris et Berlin) en raison des « strates mémorielles qui affleurent », dans ces lieux ancrage de la post mémoire42, ville de la mémoire dans un cas43, « ville de l’effacement » et « ville de la persistance de l’oubli » dans l’autre44.

Retour chronologique aux lieux et acteurs du récit de P. Modiano45 :

Modiano effectue ensuite un retour sur les lieux, comme au cinéma46, nous visualisons la scène : en 1996 il est devant les Tourelles. Il cherche à faire coïncider le seuil de l’espace/temps. Le 41, boulevard Ornano et les lieux alentour (rue Championnet, rue du Mont-Cenis, métro Simplon) comme les cafés, abritent des indices, une trace du passage. Ces présences n’apparaissent qu’«en filigrane »47.

Mêlant le «passé dans le présent » l’auteur enquête : du Palais de justice de Paris, Vienne en Autriche (d’où vient le père de Dora, Ernest Bruder, ouvrier) à l’usine Westinghouse à Freinville48, Sevran (où habitait le couple), au Maroc comme engagé dans la Légion étrangère (beaucoup de détails sur les lieux de combat) à Budapest où l’on retrouve la trace de Cécile Budej, mère de Dora d’origine russe. Mais ces traces fugaces suggèrent « une impression d’absence et de vide »49. Même la liste des écoles maternelles et primaires fréquentées par Dora : rue Saint-Luc, rue Cavé, rue des Poissonniers, impasse d’Oran…ne vient pas combler les vides.

« Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes »50.

De modestes indices, des photos aident à identifier la famille, et puis quelques lieux sans nom, sans visage apparaissent : le cinéma Ornano 43 et le Square Clignancourt, les cafés, les marchés, les hôtels. C’est à partir de ces éléments que l’auteur délimite les « frontières » d’une vie dans la ville. Le quartier des baraques qui a été détruit. Ces lieux des « pauvres bonheurs perdus »51 … A quatorze ans Dora Bruder est inscrite dans un internat religieux que dirigent les Sœurs des Ecoles Chrétiennes de la Miséricorde au 60 et 62 rue de Picpus dans le 12e arrondissement non loin de la gare de Reuilly52, établissement qui comptait 500 jeunes filles d’ouvriers avec 75 soeurs. Auparavant, P. Modiano avait écrit aux écoles communales du quartier: 8 rue Ferdinand-Flocon, 29, rue Hermel, 7, rue Championnet, 61, rue de Clignancourt. Cette recherche par les lieux, les acteurs, les événements se resserre à partir des éléments liés à la scolarité de Dora et de l’accélération de l’histoire. La naissance de Dora le 25 février 1926, 15, rue Santerre est la maternité de l’hôpital Rothschild où naissaient les enfants des familles juives, issues de l’immigration. Le père juif autrichien né à Vienne, a peut-être passé son enfance au quartier juif de cette ville à Leopolstadt, et comme des dizaines de milliers de juifs a émigré à Paris, près de la gare du Nord. Ernest Bruder avait signé 5 ans pour la Légion, connu les casernes de l’est de la France, le Fort Saint-Jean à Marseille, Lyautey recrutait pour le Maroc… Patrick Modiano est parvenu à identifier les traces d’un hôtel, logement précaire, où les Bruder « occupaient une chambre avec cuisine au cinquième étage, là où un balcon de fer court autour des deux immeubles »53. Tandis que « les traces de Dora Bruder et de ses parents, cet hiver 1926, se perdent dans la banlieue nord-est, au bord du canal de l’Ourcq. »54

2 octobre 1940 : les juifs doivent se faire recenser dans les commissariats55. Les parents de Dora sont inscrits mais pas leur fille. P. Modiano note « j’ai l’impression d’être le seul à me souvenir de tous ces détails »56. A partir de décembre 1941 les événements s’accélèrent, le 14 décembre 1941, fugue de Dora qui ne revient pas au pensionnat ; instauration du couvre-feu (8-14 décembre) ; les rafles (700 juifs français le 12 décembre), dès le 1er décembre les stations de métro avaient été fermées. Mais le jour de la fugue le 14 décembre elles avaient été rouvertes.

Une deuxième fugue, le port de l’étoile, la circulaire du 6 juin 1942 est citée longuement in extenso, ainsi que des extraits des « ordres d’envois spéciaux et individuels » et puis la nasse, l’étau du 19 juin 1942, la voiture cellulaire et l’internement aux Tourelles, bd Mortier.

En août 1942, du camp des Tourelles Dora est internée à Drancy le 13 août 1942. D’après les archives de la préfecture de police de l’Occupation « grande caserne spectrale »57, son père l’avait été le 19 mars 1942. La caserne des Tourelles occupait les locaux d’une ancienne caserne d’infanterie coloniale, 141 boulevard Mortier. Le convoi n°34, du 18 septembre 194258 part de Drancy pour Auschwitz59.

Pour une archéologie au présent du figurable : de la ville aux « autres lieux »

Dans le récit, par le jeu de l’écriture, l’espace urbain – revisité par les sciences sociales60 -, devient un « espace écrit », une « ville texte » mais aussi une mémoire visuelle capable de représenter la trace tangible d’un vécu, d’une errance puis de la disparition. Des lieux d’origines (Vienne, Budapest /Bucarest ?) à ceux du vécu (Paris et sa banlieue61) aux « non-lieux » et « autres lieux62 » d’Auschwitz (Pologne), la ville est toujours représentée et signifiante63. Pourtant l’image produite par empreinte du réel grâce à la photographie, le « ça a été » (Roland Barthes) permet une observation réaliste du Paris de l’entre-deux-guerres64 mais aussi des mutations qu’engendre la rénovation urbaine des années 196065. La photographie66 porte témoignage de la disparition de quartiers entiers dans Paris intra-muros et des transformations (Fortifications, zone, périphérie) des communes suburbaines, des banlieues avec leurs strates successives67, notamment celles qui ont accueilli dans l’entre-deux-guerres les populations immigrées68 venues d’Europe centrale et d’ailleurs, fuyant les pogroms et une conjoncture économique difficile69. Les « topophotographies » autorisent ainsi une approche temporelle des quartiers (anciens et nouveaux) des strates successives de la ville et par là même des opérations immobilières qui en ont été à l’origine et aussi à l’origine de formes nouvelles de l’oubli.
Le regard est ainsi fait que pour voir il lui faut un objet, un lieu. Dans le cas extrême dont il s’agit, des « non lieux », du camp de Drancy, dans la banlieue populaire de Paris, à celui du camp d’Auschwitz en Pologne, nous n’avons plus de « sujet », plus « d’objet », pour analyser et interpréter70, mais des « bouts d’images, arrachés à l’enfer ». Des images71, à la marge des « i-marges ». Pouvons- nous en offrir une relecture phénoménologique dans une perspective archéologique ? Quelles en sont les limites ? Une fois encore on doit à Georges Didi- Huberman d’avoir osé la question72 en allant plus loin, sur les sites (barbelés, murs, horizons, sols, stèles, seuil…) et ces sites deviennent les empreintes du témoignage73. Nous passons de Dora Bruder – récit – à Dora Bruder empreinte. Avec des allers-retours permanents qui passent par les chemins, les trains. « Walter Benjamin a rappelé – à la suite de Freud – que l’activité de l’archéologue pouvait éclairer par-delà sa technique matérielle, quelque chose d’essentiel à l’activité de notre mémoire ». « Qui tente de s’approprier son propre passé enseveli doit faire comme un homme qui fouille »…écrit Walter Benjamin dans « Fouille et souvenir »…74 ; On passe des « vestiges du passé » aux « objets du présent75 » (Laurent Olivier) qui poursuit et approfondit sa problématique en terme de « symptôme », ainsi « les vestiges archéologiques ne sont pas les témoins de l’histoire du passé, ce sont au contraire les signes de l’existence d’une mémoire active du passé76 ».

D – La qualité scientifique de l’équipe (principales références bibliographiques des chercheurs impliqués etc.)

Ce projet est la première manifestation scientifique initiée et portée par Diaclase. Diaclase est représentée par un premier groupe de recherche, créé en août 2012. Il est né d’une rupture épistémologique qui s’est produite en 2009, au moment où les Archives Audiovisuelles de la Recherche (FMSH) ont été intéressées à filmer mon parcours et mon rapport évolutif et discursif à l’archéologie. C’est en élaborant cette conférence (publication audiovisuelle) que j’ai mesuré toute la dette des SHS et de l’archéologie, notamment à l’œuvre de Michel Foucault, et que j’ai intitulé mon parcours de recherche « Les différents langages de l’archéologie».

Les chercheurs regroupés dans l’équipe de l’Observatoire de l’archéologie (traces, mémoires, résistance, refuges, indices, risques…) qui ont rejoint Diaclase (nom de l’Observatoire) sont volontairement de provenance différente en raison d’une volonté de transversalité disciplinaire : archéologie, histoire de l’art et de la photographie, architecture/urbanisme, notamment.
Les sujets choisis et étudiés cherchent à donner une dynamique à « l’archéologie » du sensible et de la résistance sous toutes ses formes dans la lignée des travaux de Walter Benjamin, Michel Foucault, ou encore plus près de nous de l’archéologue Laurent Olivier.

Porteur du projet :
– Guylaine Dartevelle, historienne de l’art et de l’archéologie (université Paris 10), « archéologue du savoir », fondateur de Diaclase, voir le site web : http://www.archivesaudiovisuelles.fr (cliquer sur « auteurs », puis « G. Dartevelle » et « CV »)

Correspondants français et laboratoires :
– Christian Topalov, sociologue, directeur d’études à l’EHESS, Centre Maurice Halbwachs, équipe « Enquêtes, Terrain, Théories » (CNRS – EHESS – ENS), voir le site web : http://www.cmh.ens.fr (cliquer sur « membres »)
– Annie Fourcaut, historienne de la ville, professeur à l’université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, équipe « Histoire sociale de la gouvernance urbaine (Paris et sa banlieue) » (UMR 8058-CNRS),
voir le site web : http://histoire-sociale.univ-paris1.fr (cliquer sur « annuaire »)
– Henry Rousso, historien de la période de l’Occupation (mémoire collective et usage du passé), directeur de recherche au CNRS (Institut d’histoire du temps présent – IHTP), voir le site web : www.ihtp.cnrs.fr (cliquer sur « équipe »)

Les thèmes du projet nécessitent aussi l’intégration de quelques chercheurs spécialistes sur les sujets spécifiques (Urbanisme, Architecture notamment).

E – La méthodologie (présentation détaillée des modalités concrètes d’enquête, de recueil des données, de traitement et d’interprétation des résultats)

Présentation générale et observation méthodologique :

1 – L’enquête envisagée se fonde dans la diachronie des événements sur deux approches que l’on peut découvrir dans la démarche de P. Modiano sur le cas Dora Bruder : d’une part une archéologie des niveaux du visuel et du visible, d’autre par en raison même d’une réappropriation par l’auteur, par la médiation du regard, des lieux et des acteurs (ce mélange dans l’écriture de la biographie et de l’autobiographie) d’une archéologie de la « post mémoire ».

P. Modiano semble inscrire la représentation (écrite) qu’il nous donne de la ville, dans celle que les sociologues et penseurs allemands comme Georg Simmel, Siegfried Kracauer ou Walter Benjamin, ont proposée pour expliquer la modernité à l’œuvre plus précisément dans la ville de Berlin77. Leur approche fondée avant tout, comme celle de P. Modiano, sur une expérience subjective et sensible, indissociable du développement de la photographie, prend en considération les « phénomènes de surface » qui tissent le lien social au cœur des interstices de la ville : les rues, quartiers, cafés, cinémas, passages… Tous les trois s’intéressent au caractère principalement visuel de l’urbanisation à un moment où « la croissance explosive de la capitale allemande s’accompagne d’une modification brutale de l’expérience urbaine ». Image de la ville et regard sur la ville, lieu d’expériences sensorielles et de signes, signifiants ou non, selon que l’on se trouve dans un espace lisible comme Paris ou dans un espace qui a fini d’être « sémiotique » dès les années 1910 (a fortiori durant les années 1930-1940), comme Berlin, tels sont les premiers cadres d’observation et d’analyse.

2 – Un deuxième axe méthodologique se dessine avec le devenir après 1945 de la cité décrite par P. Modiano dans Dora Bruder, avec à sa suite la poussée urbaine (croissance de l’agglomération parisienne), qui modifie profondément le paysage, le sens des espaces de la ville et l’organisation des territoires. Les rénovations urbaines souvent brutales (destruction de quartiers anciens dans les arrondissements de Paris, construction de grands ensembles, puis des villes nouvelles, développement de la périphérie, extension inédite des agglomérations, etc.) sont associés à des politiques urbaines à des plans d’urbanisme dans lesquels les acteurs : politiques, administrateurs, planificateurs, urbanistes, architectes, bureaux d’études, géographes, sociologues… sont associés. La politique du logement social, l’essor des promoteurs immobiliers, de la spéculation foncière et la critique radicale du devenir de la ville, dans le contexte des débats intellectuels des années 1960-1970 sur les transformations sociétales et nouveaux paradigmes proposés notamment par Michel Foucault, Roland Barthes, Gilles Deleuze… marquent profondément la période dite des « Trente glorieuses78 » et ont d’incontestables répercussions sur la recherche urbaine. Comment construire la ville ? Pour qui ? Par qui (instances administratives, politiques ou économiques). Quels sont les usages des espaces, les modes d’appropriation des lieux (anciens et nouveaux) dans toutes leurs dimensions : autant de questions sur les nouvelles réalités urbaines en débat.
Faire la ville, avec ses modalités politiques et économiques, concevoir les formes nouvelles d’espaces bâtis et leurs usages sociétaux, comment cette approche de sociologie urbaine peut-elle être réévaluée à la mesure du champ d’enquête sur la mémoire « post-mémorielle » et sa représentation écrite et visuelle d’un espace urbain au passé habité et disparu. Doit-on alors penser « la fin de la ville », telle qu’évoquée par de nombreux penseurs durant les années 1980-1990 (de Paul Henry Chombart de Lauwe à Françoise Choay79 et Henri Lefebvre) ? Peut-on réévaluer ce chantier d’enquête au nom d’une problématique de caractère «archéologique » ?

Types d’enquêtes et de données à recueillir :

1 – Recueil des données relatives aux lieux du récit :

Ce travail fera l’objet de trois approches : lexicologique, « taxinomique » et cartographique

On distinguera plusieurs types de lieux qui détermineront des niveaux d’enquête et d’analyse :
– Lieux : ils seront à décliner suivant une typologie et des critères à définir parmi lesquels on peut d’ores et déjà repérer les lieux réclusion et de détention (commissariat, prison, centre d’internement, camp, etc.) ; lieux de l’enfermement (hospice, couvent, pensionnat, asile, orphelinat, etc.) ; lieu de « transit » (gare) ; sans évoquer les autres lieux associés aux écoles, usine, caserne, hôpitaux, hôtel, café, cinéma, rue, quartier, etc.
– Non-lieux et « hétérotopies » (au sens foucaldien du terme) : à titre d’exemple : train, métro, zone occupée/libre, zone de vide/périphérique, bordel, terrain vague, camp …
– Circulation, itinéraire, trajet, frontière…

2 – Enquête photographique des lieux contemporains de la « post-mémoire »

– Elle se fera in situ (rues, quartiers, immeubles, etc. aujourd’hui) et sera complétée par une recherche en archives concernant les opérations d’urbanisme d’après-guerre (cf. on se référera aux différents guides d’archives relatifs au thème Urbanisme/architecture/Equipement)
– Les transformations de l’espace urbain, la disparition de quartiers, l’évolution des fonctions, la réhabilitation de l’immobilier sont ainsi à prendre en considération pour la période allant de l’installation des années 1920 à la fin du XXe siècle.
– On procèdera par des coupes séquentielles correspondant à des espaces temps bien précis :
Paris et sa banlieue dans les années 1930 et pendant l’Occupation ; Paris et sa banlieue dans les années 1950 ;
les grandes transformations à partir des années 1960-1970

3 – Enquête sur les acteurs sociaux et économiques, évoqués dans « Dora Bruder » et le devenir entre la tradition des années 1930 et mutation contemporaine

– Cette enquête nous entraînera à analyser des phénomènes de migration, de circulation et d’immigration, plus spécifiquement des populations juives issues de l’Europe centrale (cas des Bruder, venus de Vienne pour le père et de Bucarest/Budapest pour la mère), cf. guides d’archives relatifs à l’immigration
– On insistera sur ces quartiers d’intégration intra muros ou périphériques (communes industrielles, banlieues) de ces populations immigrées (petits métiers et usines), avec le vécu des sociabilités populaires et ce qu’ils sont devenus aujourd’hui.

Traitement et interprétation des résultats :

Les résultats des enquêtes seront traités et interpréter selon les modalités suivantes :
1 – classification du corpus d’images/photographies constitué afin de faire apparaître les strates successives de l’espace de la ville et de la banlieue, ses « sédimentations », selon une grille faisant apparaître des typologies signifiantes tant dans le récit que in situ : rue, quartiers, etc. Le traitement des données s’effectuera selon les critères relevant de l’espace géographiques, de l’architecture, des transformations urbaines, de la morphologie socio-spatiale, de la sémiologie urbaine, des fonctions, etc.
2 – complémentarité sources visuelles et archives écrites : plans, cartes, dossiers sur l’aménagement de l’espace/territoire, travaux urbains, etc. Elles feront l’objet d’un croisement avec le corpus d’images et permettront d’interpréter plus finement les raisons des décisions en matière politique et d’urbanisme, des transformations urbaines successives
3 – Cartographie et visualisation des lieux, itinéraires/circulation/migration et « non lieux »
4 – référents comparatifs avec les villes de Berlin, Vienne, Bucarest et Budapest
5 – Mise en ligne des données analysées et interprétées

F – La plus-value scientifique attendue du soutien de la MSH Paris Nord

Le programme proposé comprend des recherches correspondant à des échelles variables d’analyse territoriale : du local (Paris/ Drancy/Sevran par exemple) à l’international avec les aspects comparatifs de l’évolution des espaces urbains (Paris/Berlin, notamment). De fait les relations et partenariats noués par la MSH Paris Nord avec les collectivités territoriales de Seine Saint-Denis et son atout de lauréate du grand Paris 2012, représentent pour le programme porté par la jeune structure « Diaclase » un réel atout. D’autant qu’il sera nécessaire d’obtenir un soutien à la diffusion des recherches et des résultats. Ils prendront les formes d’atelier/séminaire, de journée d’étude/colloque et d’exposition-dossier. Cette dernière, pouvant impliquer des relations avec la plate-forme technologique AST/université Paris 8 et Paris 13 dans les domaines de la scénographie et de la muséographie.

G – Dimensions inter institutionnelles, interdisciplinaires et internationales du projet

– Le caractère comparatif et l’objet même de l’étude (circulation, migration, immigration, intégration, déportation) impliquent une dimension de caractère transnational et international (France, Allemagne, Autriche, Roumanie, Bulgarie, Pologne)
– Les grands axes de recherche envisagés sont tous transdisciplinaires et feront appel aux méthodologies des SHS, plus spécifiquement : sociologie, histoire, anthropologie, démographie, mais aussi histoire de l’art, archéologie, photographie, architecture, urbanisme (cf. les laboratoires mentionnés en D/)
– Cet aspect a pour conséquence d’établir des liens avec un certain nombre de laboratoires de recherche d’universités françaises et étrangères ayant initié des travaux et de grands axes de recherche sur les thèmes proposés (cf. les références en notes dans C/) :
1/ Montréal et Québec (Canada), notamment sur les aspects sémiotiques et littéraires de l’œuvre de P. Modiano
2/ Leyde et Amsterdam (Pays-Bas), pour ce qui concerne la littérature testimoniale post Shoah et « les lieux comme ancrages de la post-mémoire »
Dans le même prolongement sur le récit des liens doivent être développés avec l’université Paris III (Sorbonne nouvelle) et celle de Paris IV (Paris Sorbonne).
3/ Sur les rapports comparatifs France/Allemagne, un lien spécifique sera établi avec le Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne (CIERA) et le Goethe-Institut (Paris et Berlin) et avec l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP-CNRS)
4/ Sur les questions juives pendant l’Occupation et la déportation, des relations seront nouées avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah et le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC)
5/ Sur l’immigration économique et politique et les aspects d’histoire urbaine, des liens seront noués avec le Centre de recherche sur l’histoire de l’Europe centrale (CREHEC) et le Centre d’histoire sociale de l’université Paris 1, ainsi qu’avec le groupe de géographie et d’histoire des territoires (CGH – Terres) de l’EHESS, le groupe de recherche Sciences sociales et immigration (IHMC-CNRS-ENS), et les centres de recherche sur l’urbanisme et l’architecture au sein des écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) de Paris.

H – Le calendrier de la recherche (phasage précis et détaillé)

– Phase 1 : bilan des lieux et des acteurs (dans le récit et in situ), enquêtes archivistiques et photographiques (hiver-printemps 2012) : constitution des corpus
– Phase 2 : enquêtes sur les transformations/destructions de l’urbanisme (été- automne 2012)
– Phase 3 : enquêtes sur les aspects internationaux et comparatifs : Paris, Berlin, Vienne, etc. (hiver-printemps 2013)
– Phase 4 : Résultats et valorisation des travaux (été-automne 2013)

I – les actions de diffusion et de valorisation des résultats envisagés

1 – Les enquêtes (archives/visuelles et sur le terrain) feront l’objet de présentations et de débats dans un atelier-séminaire
2 – Associés aux travaux consacrés aux topophotographies, il sera envisagé aussi de réaliser une exposition/dossier sur les grands thèmes évoqués
3 – Les enquêtes seront l’objet d’une synthèse dans le cadre d’une journée d’études de caractère international dans la perspective d’une approche comparée des traces persistantes ou disparues dans la ville (lieux et acteurs): Paris/Berlin /Vienne au regard au regard d’un récit « post-mémoire ».


1 Saul Friedländer (eds), Probing the Limits of Representation. Nazism and the Final Solution, Cambridge, Harvard University Press, 1992.

2 Carlo Ginzburg, « Signes, traces, pistes », Racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat » 1980, n°6, p.3-44. et Mythes, emblèmes, traces : morphologie et histoire, Paris, Flammarion, 1993.

3 Sur cette notion qui ne constitue pas « un corps de propositions unifiées ni une école, encore moins une discipline » (J. Revel), mais plus exactement une pratique historienne des obstacles et des incertitudes, voir Giovanni Levi, « On Microhistory », dans Peter Burke (ed.), New Perspective on Historical Writing, Oxford, Polity Press, 1992, p. 93-112 et Carlo Ginzburg, « Microstoria : due e tre cose che so di lei », Quaderni Storici, 86, 1994, p. 511-539. Appliquée au cas de la Shoah, on se référera à Tal Brutmann , Ivan Emakoff, Nicolas Mariot, Claire Zalc (dir.), « Pour une microhistoire de la Shoah », Le Genre humain, EHESS/Seuil, 2012.

4 Sur ce nouveau « modèle épistémologique », voir Laurent Olivier, Le sombre abîme du temps. Mémoire et archéologie, Paris, Seuil, 2012.

5 Patrick Modiano, Dora Bruder, Paris, Gallimard, 1997, p. 9.

6 Place de l’étoile (1967), Villa Triste (1975), Rue des boutiques obscures (1978), Les Boulevards de ceinture (1972), Quartier perdu (1984), Dans le café de la jeunesse perdue (2007).

7 Dominique Linchet, « Ambiguïté narrative et fragmentation dans Dora Bruder de Patrick Modiano », The South Carolina Modern Language Review, vol. 6, 2007, n° 1, p. 51.

8 Michel Foucault, L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, p. 221.

9 Se référer aux débats qu’ont suscité les oeuvres de Pierre Nora, Les lieux de mémoire, I,La République, II, La Nation, III, les France, Paris Gallimard, 1984-1992 et Paul Ricoeur, La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, Paris, Seuil, 2002. Sur les approches historiennes et l’approche philosophique de P. Ricoeur, voir les contributions parues dans Le débat. Histoire, politique, Société, n° 121, nov-déc. 202, p. 4-62 et dans Bertrand Müller (dir.), L’histoire entre mémoire et épistémologie. Autour de Paul Ricoeur, Lausanne, Payot, 2005.

10 Patrick Modiano, op.cit., p. 9.

11 Sur la photographie et la ville contemporaine voir http://photographierlaville.hypotheses.org/309 . Parmi une littérature abondante sur ce sujet, on pourra se reporter aux contributions collectives « La ville des sciences sociales », Enquêtes, Anthropologie, Histoire, Sociologie, EHESS, n° 4, 1996., voir aussi sur « sémiologie et urbanisme », l’ouvrage fondateur Françoise Choay et alii, Le sens de la ville, Paris Seuil, 1972.

12 Dominique Linchet, op.cit. p.52.

13 Michel Foucault, op.cit., p.183.

14 Lui-même fugueur ou encore Wanderer en exil, marcheur dans la ville. Au sujet des « voyeurs ou marcheurs » dans la ville, Michel de Certeau utilise le terme de « Wandersmänner », voir « Marcheurs dans la ville » (chap. VII), de M. de Certeau, L’invention du quotidien 1. Arts de faire, (éd. établie et présentée par Luce Giard, Paris, 1990, p. 139-169).

15 Son visage, sa « trace » archéologique ont été depuis révélés. Nous avons besoin de voir pour savoir (çà-voir). Voir le dossier (correspondances et photographies) consacré à « Dora Bruder » (chap. IV), dans le récent numéro consacré à « Patrick Modiano », des Cahiers de l’Herne, n° 98, 2012, p. 175-194.

16 Laurent Olivier, « Temps des vestiges et mémoire du passé : à propos des traces, empreintes et autres palimpsestes », Le Genre humain, EHESS, n° 50, L’archéologie comme discipline, (Philippe Boissinot dir.), Paris, Seuil, 2011, p. 316.

17 Patrick Modiano, Dora Bruder, op.cit. p.36.

18 On se reportera entre autres à Régine Robin, Berlin Chantiers. Essais sur les passés fragiles, Paris, Stock, 2001 et plus généralement sur les lieux de mémoire, à Etienne François, Hagen Schulze, Deutsch, Munich, C. H. Beck Verlag, 2001-2003, vol. I-III, traduit en français sous le titre Mémoires allemandes, Paris, Gallimard, 2007.

19 Régine Robin, « Berlin : la persistance de l’oubli », dans Berlin : l’effacement des traces, 1989-2009, Catalogue de l’Exposition organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et le Musée d’histoire contemporaine, 21 octobre-31 décembre 2009, Paris, Hôtel national des Invalides, Paris, Editions Fage, 2009. R. Robin a donné une version de sa contribution « Berlin ou l’oubli », dans le cadre du Centre Alberto Benveniste/EPHE, avril 2010.

20 Hannah Arendt, Walter Benjamin 1892-1940, trad. de l’anglais par A. Oppenheimer-Faure et P. Lévy, Paris, Ed. Allia, 2011, p. 45-46, voir aussi Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle, Paris, Ed. Allia, 2003 et Le livre des passages, trad. de l’allemand par J. Lacoste d’après l’édition originale établie par Rolf Tiedemann, Paris, Ed. du Cerf, « Passages », 1989.

21 Régine Robin, « Le Paris toujours déjà perdu de Patrick Modiano », dans Cahiers de l’Herne, ‘Patrick Modiano’, n° 98, Paris, 2012, p. 93-104.

22 Je pense au Journal intime d’Amélie Weiler (1822-1895), Journal d’une jeune fille mal dans son siècle 1840- 1859, révélé grâce à Nicolas Stoskopf et à l’édition qu’il en a réalisée aux éditions La Nuée Bleue, Strasbourg, 1994 et au titre ô combien évocateur de la thèse de Patricia Szafranski : L’archéologie d’un journal intime :Amélie Weiler (1822-1895) Information destinée aux amateurs de journaux féminins du XIXe siècle, Dijon, université de Bourgogne, 2007. L’écriture comme archéologie, mais sans visage… mes prémices de réflexion sur ce sujet ont d’abord été inspirées par Etty Hillesum, Une vie bouleversée, Journal 1941-1943, Seuil, 2007, 249 p., voir aussi l’édition intégrale Klass A. D. Smelik (dir.), Les écrits d’Etty Hillesum. Journaux et lettres 1941-1943, Paris, Seuil « Opus », 2008. Elle évoque les « hiéroglyphes » (p.201) et ses impressions « comme des étoiles scintillant sur le velours sombre de ma [sa] mémoire» (21 octobre 1942, p. 227, 22 septembre 1942). Qu’il s’agisse d’Anne Franck, d’Etty Hillesum, de Hélène Berr, ou de Dora Bruder, ces destinées des jeunes filles ou de jeunes femmes qui pensent et écrivent dans une dynamique « d’une mémoire au présent » d’un temps, celui de la mémoire et non de l’histoire, qui nous suggérerait qu’il s’agirait « d’un temps rempli du passé » voir Laurent Olivier, « Temps des vestiges et mémoire du passé : à propos des traces, empreintes et autres palimpsestes », L’archéologie comme discipline, op. cit. p.309-326.

23 Patrick Modiano, Dora Bruder, op.cit. p.15 p.10

24 Sur cette notion de « constellation » se reporter à Walter Benjamin, « Sur le concept d’histoire », Œuvres,

Paris, Gallimard, 1989, t.III, p.442-443.

25 Rencontre avec Patrick Modiano, à l’occasion de la parution de Dora Bruder (1995), http://www.gallimard.fr/catalog/entretiens/01034347.htm

26 Patrick Modiano, op.cit. p.12.

27 On se référera aux travaux de Frédéric Boutin, Du devenir-écrivain du narrateur modianien au devenir- archives du roman Dora Bruder, mémoire de maîtrise, université du Québec, Chicoutimi, 2000 et Catherine Douzou, « Naissance d’un fantôme. Dora Bruder de Patrick Modiano », Protée, Revue internationale de théories et de pratiques sémiotiques, vol. 35, n° 3, hiver 2007-2008, p. 23-32.

28 Sur cet aspect voir Henry Rousso, La hantise du passé, Paris, Textuel, 1998, 144 p., Le syndrome de Vichy, Paris, Gallimard, 1987 et pour P. Modiano, Alan Morris, “A child in Time : Patrick Modiano and the Memory of the Occupation”, dans Charles Burdett, Claire Gorrara and Helmut Peitsch (ed.), European Memories of the Second World War, New York, Oxford : Berghahn Books, 1999.

29 Voir Catherine Douzou « Enquête d’Histoire(s), en quête de soi », Cahiers du CERACC, n°1 « Vers une cartographie du roman contemporain »,, mai 2002, p. 45-55 et Richard J. Golsan, “Vers une définition du “Roman Occupé” depuis 1990. Dora Bruder de Patrick Modiano, La Compagnie des spectres de Lydie Salvayre, et La Cliente de Pierre Assouline », dans Bruno Blanckerman, Aline Mura-Brunel et Marc Dambre (dir.), Le roman français au tournant du XXIe siècle, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2003, p. 125-132.

30 William VanderWolk, Rewriting the Past : Memory, History and Narration in the Novels of Patrick Modiano, Amsterdam/New York, Rodopi, 1997, Timothy Scherman, “Translating from Memory : Patrick Modiano in Postmodern Context”, Studies in Twentieth Century Literature, 16/2, Summer 1992, p. 289-303.

31 Nicolas Xanthos, « Sentinelles de l’oubli et reflets furtifs. Permanence, rupture et régime d’historicité dans Dora Bruder », Orbis Litteranum, vol. 66, issue 3, june, 2011, p. 215-237.

32 Baptiste Roux, Figures de l’Occupation dans l’œuvre de Patrick Modiano, Paris, L’Harrmattan, 1999, (publication de la thèse de doctorat, université Paris 4) et Martine Guyot-Bender, William VanderWolk (ed.), Paradigms of Memory. The Occupation and Other Histories in the Novels of Patrick Modiano, Peter Lang, 1998 33 Samuel Khalifa, « Chronique de l’oubli. La Place de l’Etoile et Dora Bruder de Patrick Modiano », dans Buford Norman (éd.), The Documentary Impulse in french Literature, Amsterdam/New York, Rodopi, 2001, p. 97-112.

34 Avni Ora, D’un passé l’autre : aux portes de l’histoire avec Patrick Modiano, Paris l’Harmattan, « Critiques littéraires », 1997, Béatrice Damamme-Gilbert, « Secrets, fantômes et troubles de la transmission du passé dans la pratique de Patrick Modiano », dans John Ernest Flower (dir.), Modiano, Amsterdam/New York, Rodopi, 2007, p. 109-130.

35 Laurent Douzou, « Quand la fiction vole au secours de la réalité : le cas Dora Bruder », dans Roger-Yves Roche (ed.), Lectures de Modiano, Paris, Editions Cécile Defaut, 2009, p. 123-136,

36 Juliette Dickstein, Born after Memory : Repercussions of the Second World War French Jewish Writing (Post- Holocaust, Patrick Modiano, Henri Raczymow, Alain Finkielkraut, Pierre Goldman, Anne Rabinovitch, Harvard University, 1997.

37 Voir le bilan récent des travaux sur une notion qui revient aujourd’hui en force dans les sciences sociales, Aline Brochot, Martin de la Soudière, « Pourquoi le lieu », Communications, n° 87, « Autour du lieu », Paris, EHESS (Centre Edgar Morin), 2010, p. 5-16.

38 Michel de Certeau, « Pratiques de l’espace », dans L’Invention du quotidien I : Arts de faire, Paris, Gallimard, 1980, p. 139-190.

39 Pierre Nora, Les lieux de mémoire, op. cit.

40 Voir les contributions, réalisées sous la responsabilité d’Alphonse Dupront, à « Hauts lieux. Une quête de racines, de sacré, de symboles », Autrement, série Mutations, n° 115, mai-juin 1990.

41 Cette notion parfois contestée notamment par les ethnologues et anthropologues, a fait l’objet d’une actualisation par Marc Augé, « Retour sur les « non-lieux », Communications, op. cit., p. 171-177.

42 Annelise Schulte Nordholt, « Perec, Modiano, Raczymow et les lieux comme ancrages de la postmémoire », dans A. Schulte Nordholt (éd.), Témoignages de l’après-Auschwitz dans la littérature juive-française d’aujourd’hui, Radopi, Amsterdam/New york, NY, 2008..

43 Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle, Paris, Allia, 2003, 50 p., Stierle Karlheinz, La capitale des signes, Paris et son discours, préf. De J. Starobinski, trad. de l’allemand par Marianne Rocher-Jacquin, Paris, éd. Maison des sciences de l’homme, 2001, 630 p.

44 Berlin : l’effacement des traces, 1989-2009, op. cit., Sigfried Kracauer, Rues de Berlin et d’ailleurs, Paris, Le Promeneur, 1995, 183 p., Robin Régine, Berlin chantiers, op.cit.

45 L’espace urbain parisien dans le récit de P.Modiano a donné lieu a quelques travaux de recherche qui ont fondé notre réflexion, parmi lesquels ceux de Bruno Blanckeman, « Droit de cité (un Paris de Patrick Modiano) », dans Roger Yves Roche (dir.), Lectures de Modiano, Paris, Editions Cécile Defaut, 2009, Carine Duvillé, Errance et Mémoire. Paris et sa topographie chez Patrick Modiano, Mémoire de maîtrise, université Paris 4, 2000, Gerhardi Gerhard, « Topographie et histoire : Paris et l’Occupation dans l’œuvre de Patrick Modiano », dans Wolfgang Drost, Géraldi Leroy, Jacqueline Magnou et Peter Seibert (ed.), Paris sous l’Occupation/Paris unter deutscher Besatzung, actes du 3e colloque des universités d’Orléans et de Siegen, Universtätverlag C. Winter Heidelberg, 1995, Julie Aubin, Mémoire juive et espace urbain dans Dora Bruder et La Québécoite, Diplôme réalisé sous la direction de Elisabeth Nardout-Lafarge, Université de Montréal, Faculté des études supérieures, septembre 2011, 126 p., Samuel Kalifa, Le traitement symbolique et poétique de Paris dans l’œuvre romanesque de Patrick Modiano, thèse de doctorat, université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, 2002.

46 Voir Antoine de Gaudemar et Patrick Modiano, « Ce que je dois au cinéma », dans Cahier de l’Herne, n° 98, « Modiano », Paris, Ed. de l’Herne, 2012, p. 235-243.

47 L. Olivier, « Temps des vestiges et mémoire du passé… », op. cit. p. 324.

48 Nom pris par cette commune au début du siècle sur la commune d’Aulnay-sous-bois, Sevran, Livry-Gargan en raison de la présence de l’usine de frein « Westinghouse ».

49 Patrick Modiano, Dora Bruder, op.cit. p.30.

50 Idem, p.29.

51 Ibidem, p.36.

52 Ces bâtiments ont été détruits. En face a été localisé un cimetière de la Terreur où reposeraient 1000 victimes. 53 P. Modiano, op. cit. p.15.

54 Idem, p.21.

55 Sur le statut des juifs, voir les contributions sur « Le Droit antisémite de Vichy », Le Genre humain, EHESS, n° 30-31, 1996, p. 143-304.

56 Patrick Modiano, Dora Bruder, op.cit. p.51.

57 Idem, p.85.

58 70 ans, presque jour pour jour au moment où ces lignes sont écrites.

59 Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des Juifs de France, 1978. Sur la spécificité de Drancy parmi les autres camps, voir notamment L’internement des juifs sous Vichy, catalogue de l’exposition (Jacques Fredj et Karen Taieb, dir.), catalogue de l’exposition du CDJC, 1996, p. 20-69 et sur l’arrestation puis la déportation des enfants juifs, Sarah Gensburger, C’étaient des enfants. Déportation et sauvetage des enfants juifs à Paris, catalogue de l’exposition, Mairie de Paris, 25 juin-27 octobre 2012, Paris, Skira/Flammarion, 2012.

60 « La ville des sciences sociales », Enquêtes, Anthropologie, Histoire, Sociologie, EHESS, n° 4, 1996 (nombreuses contributions dont celle de Pierre Lassave, « La sociologie au risque de la ville »), et Christian Topalov, La ville comme sciences sociales (en coll. avec Bernard Lepetit), Paris, Belin, 2001 et Les divisions de la ville, Paris Unesco/MSH, 2002. Pour un bilan et des perspectives de recherche en histoire urbaine, voir aussi Annie Fourcaut, « L’histoire urbaine de la France contemporaine : Etat des lieux », Histoire urbaine, 2003/2, n° 8, p. 171-185.

61 Jean-Paul Brunet, « Constitution d’un espace urbain : Paris et sa banlieue de la fin du XIXe siècle à 1940 », Annales ESC., n° 3, mai-juin 1985, p. 541-569.

62 Sur les autres lieux, on se référera aussi à la notion d’ « hétérotopies » esquissée par Michel Foucault, « Des espaces autres », L’Archittetura, cronache e storia, vol. XIII, n° 150, 1968, p. 822-823 et « Des espaces autres », AMCS, Revue d’architecture, octobre 1984, p. 46-49. C’est ce texte qui a été repris dans Dits et Ecrits, Paris, Gallimard, t. IV, texte n° 360.

63 « Sémiologie et urbanisme », dans Françoise Choay et alii, Le sens de la ville, Paris Seuil, 1972.

64 Annie Fourcaut, « Du lotissement au quartier. Le cas de la banlieue parisienne dans l’entre-deux-guerres », Mélanges de l’Ecole française de Rome, Italie/Méditerranée, t. 105, n° 2, 1993, p. 441-457.

65 Bruno Vayssière, Reconstruction, déconstruction : le hard french ou l’architecture française des Trente glorieuses, Paris, Picard, 1988, Danièle Voldman, « Reconstruire pour construire ou de la nécessité de naître en 1940 », Annales de la recherche urbaine, n° 21, janvier 1984, p. 67-84, D. Voldman (dir.), « Région parisienne, approche d’une notion 1860-1980 », Cahiers de l’Institut d’histoire du temps présent, n° 12, octobre 1989 et « Les origines des villes nouvelles de la région parisienne 1919-1939 », n° 17, décembre 1990.

66 Dominique Gauthey, « Les archives de la reconstruction », Etudes photographiques, n° 3, «Frontière de l’image/Le territoire et le document », novembre 1997 (en ligne sur le site web d’études photographiques).

67 Jean-Louis Cohen, André Lortie, Des Fortifs au périf : Paris, les seuils de la ville, Paris, Picard, Ed. du Pavillon de l’Arsenal, 1991.

68 Marie-Claude Blanc-Chaléard, « L’habitat immigré à Paris aux XIXe et XXe siècles : mondes à part ? », dans Jean-Louis Robert (dir.), « L’habitat du peuple de Paris », Le Mouvement social, n° 182, janvier-mars 1998, p. 29-50 et S. Magri, « Logement et habitat populaire de la fin du XIXe siècle à la seconde guerre mondiale », dans A. Fourcaut (dir.), Un siècle de banlieue parisienne (1859-1964), Guide de recherche, Paris, L’Harmattan, 1988.

69 Sur les activités professionnelles des juifs immigrés et étrangers installés à Paris, voir Nancy L. Green, Les travailleurs immigrés juifs à la Belle Epoque. Le « Pletzl » de Paris, Paris, Fayard, « L’espace du politique », 1985, Claire Zalc, « Petits entrepreneurs étrangers en ville. Implantations urbaines. Réseaux migratoires et solidarités professionnelles à Paris dans l’entre-deux-guerres », Histoire urbaine, décembre 2001, p. 67-82, et « Trajectoires urbaines des entreprises et entrepreneurs étrangers dans le département de la Seine 1919-1939 », dans Danièle Fraboulet-Rousselier, Dominique Rivière (dir.), La ville sans bornes/ La ville et ses bornes, Paris, éd. Nolin, 2006, p. 77-92.

70 Ilsen About, Clément Chéroux, « L’histoire par la photographie », Etudes photographiques, n° 10, novembre 2001, p. 9-33.

71 Chéroux Clément (dir.), Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis 1933-1999, Paris, Marval, 2001.

72 Georges Didi-Hubermann, Images malgré tout, Editions de Minuit, 2003.

73 Anonyme (2001), « Le Recueil d’Auschwitz » trad. fr. de Bastia Baum, in Coll. (dir.), « Des voix sous la cendre ». Manuscrits des Sonderkommandos d’Auschwitz-Birkenau », Revue d’histoire de la Shoah », n°171, p.162-167.

74 G. Didi-Huberman, Ecorces, Ed. de Minuit, 2011, p. 64.

75 Laurent Olivier, Le sombre abîme du temps, Mémoire et archéologie, Seuil, 2008, p.15

76 L. Olivier, «Temps des vestiges et mémoire du passé: à propos des traces, empreintes et autres palimpsestes », Le Genre humain, EHESS, n° 50, « L’archéologie comme discipline », (Philippe Boissinot, dir.) Paris, Seuil, 2012, p. 324.

77 Voir plus précisément Stéphane Füzesséry, Philippe Simay (dir.), Le choc des métropoles. Simmel, Kracauer, Benjamin, Paris/Tel-Aviv, Editions de l’éclat, 2008

78 Cette notion a de plus en plus tendance à être remise en question par les chercheurs travaillant sur cette période, notamment par les historiens.

79 Voir notamment P.-H. Chombart de Lauwe, La fin des villes. Mythe ou réalité, Paris, Calmann-Lévy, 1982 et Françoise Choay, « La mort de la Ville et le règne de l’urbain », dans La ville : art et architecture en Europe 1873-1993, Paris, Centre Georges Pompidou, 1994.

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *